Y a-t-il une mode qui damne et une mode qui sauve ?

Ca fait longtemps que j’ai vu des reportages, lu des articles, été sensibilisée aux conséquences des choix qu’on fait en tant que consommateurs sur l’état du monde. Bon, après je ne veux pas donner de leçons ni essayer de sauver la planète toute seule, j’ai aussi plein de contradictions.

Par exemple pour les vêtements, j’ai très longtemps pris comme critère d’achat le pays de fabrication. Si c’était fait en Chine, par exemple, j’achetais pas. J’imagine que je devais juste avoir une ou deux règles pour que ma conscience soit en paix. Parmi elles, il y avait :

  • Fabriqué n’importe où sauf en Chine, donc. Si c’était dans un autre pays, aussi pauvre voire plus, je rechignais un peu mais si le vêtement me plaisait vraiment je l’achetais quand même.
  • Le maximum de fibres naturelles : les robes en coton et pas en polyester. Parce que bon, qui dit fibres naturelles dit meilleur pour la planète, pas vrai ? OK il n’y avait pas que ça, mais outre les questions de confort la préférence pour coton lin laine soie était aussi légitimée par l’impact environnemental.
  • Pas de chaînes, ou si peu. En fait je n’ai rien acheté chez H&M depuis que j’avais lu un reportage scandaleux sur les conditions de travail dans leurs usines du Bengladesh. Du coup je n’achète rien non plus à Zara, et c’est complètement arbitraire puisque les enseignes sont loin d’être les mêmes je suppose. Mais c’est aussi arce que je me pose cette question, depuis qu’une copine qui travaille dans une grande enseigne de fast-fashion me racontait que son job c’était pas vendeuse mais déballeuse : Et les invendus, ils vont où ?

Depuis, j’ai lu Eco Chic, the Fashion paradox, de Sandy Black, et soudain j’avais plein de réponses, même à des questions que je m’étais jamais posées. J’ai vu que choisir ce qu’on achète et où on l’achète, c’est pas mal, mais en France on est très loin d’avoir toutes les cartes en main lorsqu’on veut faire une sélection éclairée.
Du coup j’ai fait un dessin incompréhensible histoire de mieux comprendre.

Le designer qui est au milieu, accoudé dans la position du penseur à sa table de travail doit prendre en compte tous les enjeux environnementaux et sociaux liés à chaque étape de la production d’un vêtement. La culture de la fibre (le coton ou l’éprouvette en haut à gauche, c’est là que ça commence), sa transformation en fil, le tissage, la teinture ou l’impression, la coupe, l’assemblage et les finitions, l’acheminement, la vente, l’entretien, et la fin de vie. Ca peut être un designer ou bien un consommateur qui veut simplement faire attention à ce qu’il porte. A chaque étape, les mêmes questions reviennent peu ou prou :

  • Où ?
  • Par qui ?
  • Par quelles techniques ?
  • Avec l’aide de quels produits ?

J’ai envie de parler de ça ce mois-ci, à la lumière de ce que Sandy Black m’a appris. Je ne peux que trop vous conseiller de lire son ouvrage. (Si vous habitez à Lyon sachez qu’il est à la bibliothèque de Part-Dieu, c’est là que je l’ai trouvé !)

Parmi les trucs que j’ai lu chez elle :

Une immense partie des invendus de la mode sont tout bonnement INCINERES. Surtout ceux du luxe.

Les conditions de travail ne dépendent pas du pays mais de l’usine.

La fibre bambou n’est pas une fibre naturelle. Comme la rayonne, ce sont des molécules d’origine végétales qui sont recrées artificiellement.

D’ailleurs, 100% coton ne veut pas forcément dire plus respectueux de l’environnement.

Il y a beaucoup plus de marques et de distributeurs qui sont passés au vêtement responsable que je ne pensais.

C’est ça qu’il y a de super dans le livre de Sandy Black. D’abord, il est très bien écrit, très bien mis en page, concrètement très agréable à lire. Ensuite, il est passionnant, plein d’informations, de chiffres inconnus et de biographies surprenantes. Mais surtout, il met en avant un grand nombre de solutions face à tous ces défis environnementaux. Contrairement à d’autres oeuvres militantes, celle-ci ne donne pas envie de se jeter dans la Loire ni de partir vivre dans un ashram.

Il donne envie de soutenir tous ceux qui ont fait tant d’efforts, ceux qui banalisent tant d’innovations saison après saison, et ceux qui, peu importent leurs raisons (?), s’y mettent.

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