Streetstyle – Le métro lyonnais

Elle était plus petite que moi, d’épais cheveux presque blonds, de grosses boucles qui flottaient en nuages duveteux. C’était son manteau qui avait attiré mon attention, une toile imperméable kaki très fine, dans une forme arquée, le dos froncé sous un empiècement courbe. Les manches larges faisaient un peu chauve-souris et l’envergure donnait l’impression d’une blouse de peintre romantique. Je me souviens aussi de sa sacoche en cuir clair et de ses chaussures basses en tapisserie à fleurs, aux teintes de forêt automnale.

Il faisait une grande tige bleue et souple, plantée sur la rive du D. Un fascinant visage encadré de longs cheveux noirs, souligné de barbe et d’une moustache soigneusement entretenues. Je lui trouvais l’air d’un rônin de Kurosawa, malgré ses chaussures de hipster et sa tenue en jean. J’observais par les jeux de miroir du métro éclairé l’obsidienne qui brillait dans l’amande de ses yeux, l’imaginais parler en Japonais avec son amie française, et j’ai cru comprendre l’intérêt du bleu. C’était mettre en éclat toute cette profondeur de noirs, et l’harmonie des teintes lui conférait une sorte de puissance tranquille. Kimono indigo et hakama noir, me souvins-je lorsque je ne le vis plus.

Illustrations : les Peignes, Hokusai, consultable en ligne et téléchargeable légalement.

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