Passage du vert au blanc

 

L’anatomie de Lyon a encore beaucoup de secrets pour moi. A vrai dire, le stage passé là-bas fut surtout consacré à l’appartement : comment l’aménager, comment y vivre, et comment y dormir.

Le cadre exceptionnel où j’ai vécu jusqu’à présent m’a accoutumée à une sorte de silence habité. Le bruit, pour moi, c’est le chant des oiseaux et le vent dans les feuilles. Au pire de l’année, c’est qu’il y a une chorale de grenouilles quelque part vers le sud ou une bataille de cygnes. Et pourtant, je ne me considère pas comme une amoureuse de la nature, puisque selon moi, ce sont ces gens qui font des randonnées de plusieurs jours, qui ne quittent jamais leur short en toile ni leurs chaussures de marche. Et même, je considère à peine que je vis dans la Nature, dans les profondeurs sauvages d’une forêt vierge, ou quelque part où l’homme n’a jamais mis les pieds… Je ne connais que la nature clémente, celle des jardins et des sentiers municipaux. Cela dit, il faut bien le reconnaître, ce confort-là, celui du silence et de la verdure, va beaucoup me manquer.

Maintenant, c’est aussi l’occasion de se montrer créative, et de reconstituer chez moi l’ambiance bucolique et charmante du jardin familial. C’est aussi l’occasion d’apporter quelque chose en plus, quelque chose qui n’y était pas avant, qui me ressemble au lieu de ressembler à mes parents. Je préfère les ambiances chamarrées mais sombres, douillettes mais un peu toxiques.

Je n’ai pas spécialement de concept de ce que doit être la chambre en général, plutôt une idée de ma chambre comme je l’aime et dans laquelle je me sens bien. Pour le moment, à Lyon, il fait trop clair et trop bruyant. J’aime à penser que les objets, comme je peux le lire parfois dans des sources irrationnelles, captent l’énergie. Certains en tirent cette conclusion : il faut se débarrasser des objets, aller vers la simplicité, la sobriété. Je comprends ce point de vue, mais quitte à octroyer ce pouvoir aux objets, autant ne pas les considérer comme des espèces de parasites vampirisant toutes les bonnes ondes, mais plutôt comme des réceptacles neutres. Si l’on pense qu’on peut transférer son énergie vers un objet, pourquoi ne pas aussi penser qu’on peut la récupérer ? Si, comme les pierres magiques des romans de fantasy, nos objets personnels sont gorgés d’une puissance difficilement identifiable, alors il suffirait d’être mage pour utiliser cette puissance, pour se la réapproprier, la transformer.

Chez mes parents, l’attirail magique est noir, or et brun, il rappelle vaguement quelque chose d’un peu urbain, à la steampunk. Il faudra que celui de Lyon évoque les jardins, les montagnes et les maisons de campagne.

Tapis, coussins, plantes, jardinières au balcon, bois, verre, coton… Etc. Etc. Nous finirons bien par composer quelque chose d’amusant et stimulant. La partie recherche de meubles est tout de même très amusante, hélas hélas, c’est aussi un gouffre financier, quand bien même je préfère les dépôt-ventes et le Bon Coin à Ikéa et autres vendeurs de neuf. Je me ferai les coussins, vendrai mes livres de khâgne, et me proposerai au soutien scolaire… Reparlons-en bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s