Et la combinaison dévoila le pot-aux-roses

J’aime bien tout ce que la mode des années 1920 a l’air de véhiculer. Il y avait un théma sur la jupe et le pantalon hier soir, et des historiennes comme Christine Bard semblent avancer que la libération des femmes se mesure à la longueur de leur jupe. Je suis assez d’accord, mais aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. La liberté des femmes semble plutôt consister dans la largeur de leurs choix vestimentaires. Jupe longue, courte, mini, pantalon, short… De plus en plus de femmes peuvent jongler entre tous ces vêtements librement.

1920 - Metropolitan Museum

Les années 1920 ont tendance à plaire parce qu’elles passent pour libérales, presque libertaires. Couples libres, champagne, fox-trot et robes à perles, et surtout, cette formidable silhouette, ces robes toutes simples. L’argument publicitaire de certains patrons de l’époque consiste même à vendre une robe qui se fabrique en une heure. Les formes sont simples, les ornements extravagants. La coupe sobre permet d’allier l’élégance à une impression de confort extrême. En regardant en arrière, le corps des femmes n’a jamais semblé aussi libre.

1920 - Metropolitan Museum

 Vous vous souvenez de Gallica ? Je n’y ai pas trouvé que ces photos géniales de streetstyle rétro, j’ai aussi dégoté des numéros de la Mode du Jour, journal français qui fournissait un patron-prime une fois par semaine à ses lectrices. Gallica a mis à disposition une bonne partie des numéros de l’année 1925. Voilà le modèle du 14 août 1925 :

Ca m’avait l’air facile à faire, j’avais quelques robes qui exigeaient le port d’une combinaison, et je crois beaucoup dans l’élégance du col triangle. Avec des restes de tissu blanc, j’ai donc réalisé ce modèle, toute jouasse d’avoir enfin un truc simple et confortable à mettre sous mes robes. Mais à porter pour la première fois ce que les femmes portaient en 1925, je me suis rendue compte que finalement, leur corps n’était pas si libre que ça. La silhouette garçonne gomme effectivement les hanches, la taille et la poitrine. Seulement, le rapport est calculé en fonction du tour de poitrine. Si vos hanches sont plus larges, tant pis pour vous, le vêtement sera serré.

Voilà le résultat : voyez comme le tissu est tendu au niveau des hanches. Cela dit, une fois portée, la combinaison remonte un peu et tout devient assez vite très confortable. Cette petite surprise m’a tout de même permis de battre en brèche l’idée reçue du corps libéré des Années Folles. Dans un numéro de la Mode du Jour, on trouve effectivement ce patron :

Moi qui pensais naïvement que les Années Folles avaient laissé les corsets au placard… Du coup, je ferai attention pour les prochains modèles de ce magazine. Et s’il y a des couturières aventureuses dans ce grand monde, pensez bien à la taille des hanches. Cela permet aussi de confirmer ce que je savais déjà : la taille basse ne me flatte pas tellement, mieux vaut mettre en valeur ce charmant rapport poitrine-taille-hanches.

Enfin, cette combinaison a quand même été très utile cette dernière semaine, où l’on a pu sortir les robes légères, et où j’ai pu assouvir mes fantasmes de cols triangulaires qui me hantent depuis cette note sur le streetstyle des courses hippiques.

Portée sous une robe Anna Studio

Portée sous une robe vintage

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Une réflexion sur “Et la combinaison dévoila le pot-aux-roses

  1. J’adore te lire, c’est vraiment génial ce que tu fais ici. Tes robes sont magnifiques, tes hanches ont de quoi être fière 😀

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