Prenons Xena, the warrior princess.

Nous sommes dans la deuxième moitié des années 90. Les séries télé, c’est encore un peu cheap, elles n’ont pas encore de chercheur du CNRS sur le plateau, elles ne sont pas encore réalisées par les plus grands cinéastes, et elles ne bénéficient pas encore du soutien de très très grands acteurs. En gros, elles font avec ce qu’elles ont, dans un univers d’improvisation constante.

Xena est une guerrière. Je n’ai vu que la première saison mais je n’ai toujours pas la moindre idée d’où lui vient le côté « princesse » : sa mère tient une taverne dans un village perdu, son père a quitté la maison… Rien que là, quelques approximations dans les notions de base. Xena avait une armée, elle a conquis des territoires, elle a massacré des populations. Mais la série commence quand Xena passe du côté lumineux de la Force, et grâce à sa side-kick Gabrielle, elle va continuer à faire une BA dans chaque épisode, c’est-à-dire généralement arrêter la violence et ramener la paix. Bon, il faut bien tuer quelques soldats inconnus au passage, mais toujours en situation de légitime défense.

La philosophie à l’oeuvre dans Xena, the Warrior princess est souvent frappée du coin du bon sens et se présente comme une introduction à une éthique minimaliste. Défendez-vous, mais ne faites pas de mal aux gens. Cherchez la paix intérieure, et partagez-la.

C’est très marrant de regarder la première saison de Xena après avoir vu Rome. Dans Xena, l’Antiquité n’est qu’une convention pour donner tout le côté un peu mythico-universel-violent. Les repères chronologiques sont assez vagues, ainsi un épisode merveilleux sur l’art de bien raconter une histoire devient l’occasion de croiser, dans le même concours de bardes, Euripide et Homère, lequel Homère raconte l’histoire de Spartacus, l’esclave romain révolté. Que c’est drôle de voir que tous ces Grecs ont les yeux bleu glacier, qu’ils sont blonds pour la plupart, et qu’ils portent des costumes médiévaux ou des armures de samuraï.

Autant au niveau du look que du message, Xena est donc beaucoup plus cheap que nos séries historiques du XXIème siècle. Cela dit, tout n’est pas à rejeter, dans l’allure patibulaire de notre princesse. L’humour même et le jeu avec les codes de cette Antiquité approximative et fétichiste sont une source d’inspiration. Sans tout porter en même temps, les accessoires propres à Xena peuvent apporter au quotidien une certaine confiance en soi.

Mettre des spartiates montantes avec une robe d’été légère et très féminine peut par exemple produire un contraste intriguant. Un bracelet large comme une pièce d’armure rehausse n’importe quelle tenue ordinaire. Et les ceintures aux boucles extravagantes portées par Aldrige mère et fille ne vous font-elles pas penser aux emblèmes de guerriers mythiques ?

Je n’arrive pas à ne pas penser à Xena lorsque je regarde cette robe de chez Chanel pour l’hiver prochain. La taille marquée, les épaulettes, ce bustier comme un plastron avec son emblème turquoise et son col rigide comme rehaussé de cuir, associés à la pose tonique de la jeune femme coiffée simplement, très légèrement échevelée : voici bien une attitude de guerrière dans une tenue qui par certains aspects n’est pas sans évoquer ces princesses indépendantes de la série. « The power, the passion, the danger », entend-on dans le générique. Mettre un peu de Xena dans ses tenues, c’est aussi s’approprier un peu de cette amazone.

« Her courage will save the world »

Combinaison américaine, 1940 - The Metropolitan Museum

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